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À propos

Pourquoi j'ai basculé

Il n'y a pas eu de déclic. Pas de scandale, pas d'e-mail de trop, pas de moment précis où je me suis dit « ça suffit ». C'est un sujet qui m'intéressait depuis un moment, et vers lequel je me suis tourné naturellement. Une question de principe, surtout : de plus en plus de données accumulées sur moi, sur nous. Et l'envie de tester les alternatives, plutôt que de me contenter d'outils que j'utilisais depuis des années - des outils qui, en retour, m'utilisaient.

D'où je partais

Autant être clair sur le point de départ : j'étais un cas d'école. Gmail depuis son lancement, il y a plus de quinze ans. Drive, Agenda, Maps. Un téléphone Pixel sous Android. Chrome comme navigateur principal. Et pas seulement Google : acheteur compulsif sur Amazon, utilisateur de PayPal, un compte Microsoft. Toute ma vie numérique passait par une poignée de très grandes entreprises.

Deux choses jouaient en ma faveur, cela dit. Les réseaux sociaux ne m'ont jamais attiré - pas de Facebook, pas d'Instagram, rien de ce côté-là à démêler. Et j'avais, au fil des années, essayé d'autres navigateurs : Firefox, Opera, Brave plus récemment. C'est sans doute ce qui m'a fait réaliser que de vraies alternatives existaient. Qu'on n'était pas obligé.

Par où j'ai commencé

J'ai attaqué par le plus gros morceau : tout l'écosystème Google, d'un coup, vers Proton. Pour deux raisons. C'était là que j'étais le plus ancré - donc le changement le plus utile. Et Proton était, de loin, l'alternative la plus complète et la plus aboutie.

Voici ce que personne ne m'avait dit, et que je répète ici parce que c'est le cœur du message : c'était facile. Mail, Drive, Agenda, gestionnaire de mots de passe, VPN - en une semaine, deux tout au plus. Les outils Proton sont simples, aussi simples que ceux de Google, au même niveau côté prise en main. Le vrai changement n'était pas technique. Il était dans la tête. Une prise de conscience, un changement de principe - et de très loin ce qui a le plus modifié la façon dont mes données sont traitées.

Ensuite, GrapheneOS sur le téléphone. Puis Linux sur l'ordinateur.

Ce qui n'était pas si simple

Je ne vais pas vous vendre une transition parfaite, ce serait malhonnête. Passer à Linux après trente ans sous Windows, c'est un vrai changement d'habitudes ; il faut parfois chercher un peu, mettre les mains dans la ligne de commande. Et GrapheneOS demande, au départ, de « flasher » la ROM du téléphone - une étape un peu technique - avec quelques ajustements ici et là.

Mais l'essentiel fonctionne, et souvent mieux que prévu. GrapheneOS tourne remarquablement bien ; même mes applications bancaires fonctionnent. Mes photos se synchronisent automatiquement entre le téléphone et l'ordinateur via l'appli Proton Drive, dès que je les prends. Pour la recherche, je suis passé au moteur de DuckDuckGo : oui, je constate parfois une légère baisse de qualité sur certaines recherches, mais au quotidien, dans 99 % des cas, c'est amplement suffisant.

Ce que j'ai gagné en chemin (et que je n'avais pas prévu)

Il y a un effet de bord auquel je ne m'attendais pas. En quittant Amazon, je suis retombé sur mes vieux e-mails d'il y a deux ou trois ans : des messages hebdomadaires d'Amazon, de PayPal. Je dépensais trop. La commodité et les prix vous font acheter bien plus que ce dont vous avez besoin.

Je suis minimaliste, et j'essaie de l'être aussi dans le numérique. Pour reprendre une réplique de Fight Club : les choses que vous possédez finissent par vous posséder. Quitter Amazon a donc eu deux effets, pas un seul. Mes données ne partaient plus chez eux - et j'ai réellement réduit mes dépenses, pour me concentrer sur ce qui compte davantage. Gagnant-gagnant. PayPal, pareil : jamais regretté. C'est pratique, mais enregistrer sa carte dans Proton Pass et la voir apparaître au bon moment dans le navigateur l'est tout autant.

Ce que j'ai gardé - et pourquoi

Je ne vis pas dans une grotte, et je ne vous demanderai jamais de le faire.

Je garde Windows, parce que j'en ai besoin pour tester un logiciel sur lequel je travaille. Je garde LinkedIn, parce que j'y ai trouvé du travail, plusieurs fois, concrètement. J'ai des principes, mais j'ai aussi des factures à payer. Si une alternative crédible à LinkedIn existait, je l'utiliserais - je n'en ai pas trouvé. En attendant, je ne vais pas saborder une partie de ma vie pour la pureté du geste.

C'est ça, ma ligne. Reprendre le contrôle de ses données, ce n'est pas tout sacrifier. C'est arrêter de tout donner par défaut.

Et signer de mon vrai nom ?

Bonne question - je me la suis posée aussi. Je parle ici de produits que j'utilise vraiment et que je recommande. Autant le faire à visage découvert : sinon, pourrais-je vraiment être crédible ? C'est une manière de joindre le geste à la parole. J'ai déjà écrit ailleurs, sur d'autres sujets, sans mon nom ni ma photo - parce que ces sujets ne me tenaient pas à cœur. Celui-ci, si.

Et pour anticiper les deux objections habituelles :

« Je n'ai rien à cacher. » Moi non plus, honnêtement. C'est plus une question de principe. Si vraiment ça ne vous dérange pas que les outils que vous utilisez vous utilisent en retour, très bien - le site n'est pas pour vous. Mais puisque vous êtes là, j'ai l'impression que si.

« De toute façon c'est trop tard, ils ont déjà tout. » Ils ont ce que je leur ai donné jusqu'ici. Ils n'auront pas le reste. Et quand vous supprimez vos comptes, vous pouvez souvent supprimer vos données avec. Ce qu'ils ont pu en faire jusque-là, c'est fait - mais ils ne l'auront plus, et ils n'en obtiendront pas de nouvelles.

Ce que ça coûte, vraiment

Je paie deux ans de Proton Unlimited pour 191 euros. Moins de 8 euros par mois. Et ce n'est pas « juste » une messagerie : c'est aussi Proton Pass, Drive, VPN, Agenda et Wallet. À ce prix-là, si vous tenez ne serait-ce qu'un peu à vos données, le calcul est vite fait.

Pourquoi j'écris tout ça

Quand je me suis lancé, je me suis appuyé sur ce genre de ressources, écrites par des gens passés par là avant moi. D'une certaine manière, c'est ma façon de rendre la pareille - j'écris pour celui que j'étais il y a deux ans.

Mon expérience prouve une chose simple : on peut, assez facilement, arrêter de donner ses données et reprendre ce qui nous appartient - avec des alternatives qui sont, en prime, d'excellents outils. Si en lisant ces pages vous vous sentez un peu plus libre de franchir le pas - en sachant que ces alternatives existent, qu'elles fonctionnent très bien, et que le changement n'est pas si difficile - alors j'aurai fait ma part.